Mise en œuvre d’une stratégie territoriale d’usage du numérique, une question essentielle.

Intervention du 28 novembre 2017 à Lille, en conclusion d’un cycle sur numérique et innovation sociale organisé par l’IREV , le centre ressources de la politique de la ville pour les Hauts de France.

Dans les années 90 et jusqu’au milieu des années 2000, la fracture numérique était bien souvent entendue comme manque d’accès à Internet faute de manque de connexion. Les pouvoirs publics étaient alors concentrés sur les tuyaux, ils ne se posaient pas, ou rarement, la question des usages sociaux et encore moins la mise en place de stratégie territoriale. Aujourd’hui, l’accélération de la dématérialisation des services pose sans détour la question des usages. Le constat est la une partie non négligeable de la population fait part de son d’appréhension. Une enquête du Crédoc, en date de juin 2016, à propos du développement de l’e-administation, montrait que : 

  • 40 %  des Français étaient inquiets de devoir faire leur démarche administrative en ligne.

  • 25 %  se considérant comme incapables d’effectuer des démarches en ligne.

    Il convient de prendre également en compte que :

  • 15 % des Français n’ont pas internet à domicile

    et que

  • 40 %  des non équipés estiment qu’il est important d’avoir accès à internet pour se sentir intégré dans la société.

Dans les quartiers de la politique de la ville, les acteurs de l’insertion professionnelle et sociale constatent combien, pour les populations fragilisées, la dématérialisation des services constitue une rupture supplémentaire et renforce les freins de l’accès à leurs droits. 

Quelques repères :

Vers 1995 ont été créées des associations comme le VECAM, par des personnalités qui ont tout de suite entrevu les immenses bouleversements qu’allait amener l’avènement de ce que l’on appelle aujourd’hui « le numérique ».
Des projets remarquables ont vu le jour ici et là  : le centre Érasme, des projets collaboratifs prônant déjà la mise en relation de personnes autour de services à partager, etc. …
En termes de stratégie territoriale, ils étaient peu d’élus à avoir une vision prospective et à s’engager dans des projets dont les finalités étaient certes différentes, mais qui avaient pour point commun l’usage de ce que l’on appelait à l’époque « les N.T.I.C ». Pour certaines d’entre elles, cela s’est traduit par la mise en œuvre de politiques cohérentes sur un même territoire.

On peut, entre autres, citer :

  • Brest avec le réseau des PAPIS (Points d’accès publics à l’Internet),

  • Parthenay qui, à la fin des années 90, va miser sur les TIC pour retenir sa population et dynamiser son territoire,

  • Issy-Les-Moulineaux qui va miser sur le développement économique et attirer les premières entreprises du secteur,

  • Bromont, au Québec, qui a complètement réorganisé ses services de ville pour faire du numérique un atout d’attractivité touristique,

  • Grigny, dans le Rhône, et la mise en œuvre d’un plan de développement des usages de l’internet dans les quartiers de la politique de la ville initié dans le cadre du Contrat de ville, impliquant des acteurs du DSL et des habitants dans la conception et la mise en œuvre des actions.
    Ce plan permit la naissance de « la m@ison de Grigny » qui fut longtemps une référence avant de fermer ses portes en 2015.

Les années 2000 ont vu, sur nombre de territoires, grâce au dispositif emploi-jeunes, la naissance de nombreux Espaces Publics Numériques, dont la vocation était de former la population à l’usage de l’ordinateur. Ces espaces se sont bien souvent créés grâce à l’opportunité des emplois-aidés, sans réellement de réflexion locale sur la nécessité de former à grande échelle les populations.

Cependant, ils ont contribué à faire émerger des réseaux d’animateurs multimédia qui ont progressivement fait grandir l’idée de médiation numérique. Cela a favorisé l’émergence des premiers pôles-ressources régionaux permettant ainsi aux animateurs multimédia de trouver des lieux, et/ou initiatives permettant d’accompagner et de faire évoluer la mission quotidienne des animateurs d’EPN. Ce fut le cas en PACA, avec le réseau des ERIC initié par la Région, ou encore en Rhône-Alpes avec la CORAIA. Des associations comme ANIS continuent à mener des rencontres accompagnant les évolutions des usages.

Concernant la politique de la ville, c’est vers les années 2010 que l’on commence à mesurer l’importance du numérique. Les centres-ressources de la politique de la ville se mobilisent, mais trop rares sont encore les villes ou agglomérations inscrivant les usages du numérique dans leur contrat de territoire. Le CRDSU a sans doute contribué à faire émerger la problématique avec une édition de ses cahiers consacrée au numérique dans les quartiers.
C’est à cette même date que j’avais été sollicité par des membres du CNNum pour écrire à propos d’un dispositif que nous avions imaginé sur le territoire de Chambéry, qui s’était lancé dans la conception d’une politique stratégique pour les quartiers de la politique de la ville.

L’ensemble de cette dynamique a sans aucun doute contribué à la rédaction de deux rapports qui, tous deux, invitent à la mise en œuvre de politiques cohérentes et concertées sur les territoires.

Le rapport Lebreton remis le 18 septembre 2013

«  Le rapport de Claudy Lebreton, président de l’assemblée des départements de France, riche de 22 propositions, recommande la signature de conventions numériques comme cadre de référence au sein des collectivités territoriales, la création de conseils locaux du numérique ou encore la nomination de coordinateurs des politiques publiques du numérique à l’échelle des bassins de vie. Ces propositions visent à éviter, selon leur auteur, Claudy Lebreton, « que la France des territoires ne se fragmente davantage et ne se fracasse sous l’effet d’inégalités croissantes et d’évolutions mal comprises. » »

La même année, en présentant le rapport du CNNum sur l’e-inclusion, Benoît Thieullin, son président de l’époq,ue déclarait :

« Depuis vingt ans, la problématique de l’inclusion s’est trop focalisée sur la question de l’accès aux équipements et aux réseaux. Elle ne doit pas cristalliser le débat et concentrer les efforts de l’action publique dans le déploiement des infrastructures. La question de la culture numérique, dans toutes ses dimensions, est ici posée. L’idée que celle-ci n’est plus un problème pour les « digital natives » est erronée. Nous devons renouveler notre vision de l’e-inclusion, désormais indissociable de l’inclusion sociale, et penser une action continue et globale. C’est un travail considérable mais utile et qui rassemble peu à peu l’ensemble des acteurs qu’ils soient institutionnels ou citoyens. »

En 2016, de nombreuses administrations rendent obligatoire le passage par leurs services en ligne, provocant, pour les populations les plus fragilisées, des ruptures de droits. La brutalité de cette mesure met au pied du mur les acteurs de la politique de la ville. De fait, les EPN voient arriver de plus en plus de personnes pour les accompagner sur les interfaces administratives et jouer le rôle d’assistants sociaux sans en avoir ni la compétence, ni la formation. À l’inverse, des assistants sociaux pallient l’incompétence numérique de leur public sans y être ni préparés ni formés. Cette situation rend incontournable la question de l’appropriation par le plus grand nombre des usages du numérique. Pour répondre à cette problématique, il devient indispensable que des acteurs, qui avaient jusqu’ici des missions différentes pour les mêmes publics, renforcent leur partenariat.

Des thématiques récurrentes à tous les sites de la politique de la ville

Partout où je suis sollicité pour accompagner des projets dans le cadre de la politique de la ville, les acteurs de terrain font remonter trois préoccupations :

L’insertion professionnelle et sociale

L’administration en ligne et les espaces d’expression (réseaux sociaux, blogosphère,…), l’impact de la digitalisation sur les relations professionnelles et les modes d’organisation du travail interpellent quant aux conséquences en matière d’insertion sociale et professionnelle, notamment sur :

  • L’accès aux droits :

    Avec le développement de l’administration en ligne, les publics fragilisés se trouvent face à une nouvelle rupture d’accès aux droits. Faute d’avoir imaginé l’accompagnement nécessaire des plus fragiles au moment du développement de la dématérialisation des services, nombre de personnes ne savent pas comment agir ou réagir face à des interfaces web où il n’est pas  aisé de se retrouver si l’on a pas le niveau de formation nécessaire. Si certains espaces publics numériques sont sollicités et répondent à la demande, force est de constater que leurs animateurs se trouvent rapidement confrontés à des questions qui impliquent l’appel à d’autres compétences (rédaction de CV, accompagnement à l’alphabétisation, … )

  • L’identité numérique :
    La majorité des employeurs , que ce soit pour un stage ou pour un recrutement, utilisent le web pour se renseigner sur la qualité des candidats. La maîtrise de l’ identité numérique des personnes devient un formidable vecteur de valorisation des compétences et de l’expérience. Il est donc important, pour tout individu, d’en connaître les codes , les éléments nécessaires à la relative dissociation entre sphère privée et espaces publics.

  • Les savoirs de base :
    L’accueil des publics met souvent en exergue la question, toujours d’actualité, de l’acquisition des savoirs de base : maîtrise de son (ou ses) adresse(s) mail, gestion des mots de passe, maîtrise des éléments basiques de la bureautique,… Autant d’éléments qui, non acquis, sont des freins à l’autonomisation des publics.

L’éducation et la jeunesse

L’identité numérique des jeunes conditionne pour partie leur intégration sociale et leur future insertion professionnelle. Les traces qu’ils laissent, aujourd’hui, sur le net, peuvent constituer autant d’atouts que de freins pour un accès à des projets professionnels ou à leur participation citoyenne de demain. Les quelques exemples valorisants vus ici et là ne constituent qu’une infime proportion des usages des jeunes. Usages qui restent aujourd’hui très limités.
De cette question centrale se déclinent deux axes de travail :

  • La parentalité à l’heure du numérique :

Même pour les parents ayant grandi avec le numérique , les quelques repères leur permettant de se positionner et de contribuer à l’éducation de leurs enfants, à l’heure du numérique, ne sont pas évidents. De nombreuses questions se posent auxquelles il convient d’aider lesdits parents à trouver des réponses :

    • Combien de temps les enfants peuvent-ils passer devant les écrans et où ceux-ci doivent-ils être placés dans l’appartement ?

    • Dois-je être avec eux sur le net, comment, quand, jusqu’où ?

    • Quelles sont les règles à imposer, à négocier ou à construire ensemble ?

    • Comment suivre la scolarité des jeunes ?

    • Comment éviter toutes les «surprises» dues au développement du commerce en ligne ?

    • … ?

  • La posture éducative des intervenants des temps scolaires, périscolaires et extra-scolaires :

À l’heure où le numérique met le savoir à disposition, il est plus que jamais difficile pour les intervenants éducatifs de rester dans une posture de distribution du savoir face à des apprenants. Sans aucun doute, l’adage «apprendre à apprendre» n’a jamais autant été d’actualité. Pour les acteurs de l’éducation, l’heure n’est plus à considérer les usages du numérique comme une activité en tant que telle, mais comme :

    • une donnée incontournable dans l’univers des enfants et des jeunes et une source d’informations et de formation dont il convient de leur donner les clés de lecture,

    • un potentiel formidable d’accès au savoir et à la création.

Que ce soit à l’école, lors des temps périscolaires ou extra- scolaires, il convient donc d’inviter l’ensemble des acteurs de l’Education à définir leur approche des usages du numérique et une posture adaptée .

La participation

Les usages participatifs au service du bien commun et à la vie de la cité restent très insuffisants. Pourtant, il y a là de véritables possibilités de création de lien social, de prise de parole des habitants, de recueil de propositions et, plus généralement, de participation à la vie de la cité.
L’effet « porte de voix » du net participe également au désenclavement des quartiers, en mettant en avant les atouts, la diversité et la richesse culturelle des habitants .

De nombreuses expériences se développent ici et là : de l’usage des tablettes et smartphones en mobilité à la création de réseaux sociaux de quartier, on trouve autant de potentiels novateurs qui peuvent contribuer à la participation des habitants à la vie de leur environnement.

Mais rien n’est inné et la magie de l’outil ne règle en rien le niveau de participation. Il est généralement admis que, lorsque l’on atteint 10 % de la population contribuant aux diverses instances classiques de participation, ce taux est plus qu’honorable. Si l’on considère que, comme l’indique l’étude de Fréquence École , seuls 2 % des jeunes internautes ont des usages créatifs du web, on voit qu’il convient, là aussi, d’accompagner les populations.

Le développement économique

Le numérique a développé sa propre économie. Sans doute cela représente -t-il également, pour les quartiers, des opportunités dont il est difficile aujourd’hui de définir les contours. Nous en sommes au stade de l’observation d’innovation autour :

  • de l’insertion professionnelle par le développement de filières de reconditionnement du matériel informatique et le traitement de déchets, (micronov, envi loire, …)
  • de l’accompagnement des services liés aux usages du numérique . (scop la péniche, open scop, …)
  • d’initiatives comme Banlieue Numérique valorisant des engagements personnels ou collectifs .

Il convient sans doute de  veiller au rapprochement, dans ce domaine, des différents acteurs de la politique de la ville, de l’économie classique, de l’ESS liée au numérique et, bien évidemment, de ceux de la formation .

Concevoir et engager une stratégie territoriale : quelques repères

Quelques repères clés qui permettent la conception et la mise en œuvre d’une politique territoriale.

Une démarche :

Parce que le numérique c’est partager, mutualiser, co-construire, co-produire,

il convient d’engager une démarche qui permette à tous les acteurs de la futur politique territoriale (acteurs sociaux, habitants, élus et techniciens des collectivité) de trouver sa place par :

  • la prise en compte des missions et prérogatives de chacun,
  • la contribution à l’émergence des objectifs,
  • la possibilité d’expérimenter,
  • la capacité de produire,
  • l’évaluation permanente.
Un état des lieux et un diagnostic participatif.

Cette phase est fondamentale, car l’objectif premier est sans doute de mobiliser. Il faut créer une dynamique collective propice à mettre chacun en situation de confiance pour créer de l’enthousiasme afin de faire appel à l’imagination et l’esprit créatif de tous.

Les équipes territoriales des contrats de ville connaissent suffisamment leur territoires pour :

  • repérer les différents acteurs impliqués dans le numérique (Espace Public Numérique, acteurs du logiciel libre, acteurs de l’insertion, …),
  • mesurer le niveau de connaissance des enjeux et la prise en compte des usages du numérique chez les différents acteurs du développement social du territoire, professionnels et bénévoles.

Les rencontres individuelles et/ou collectives (mais toujours dans un cadre rassurant) qui vont pouvoir être organisées permettent de pointer :

    • les atouts,
      • la prise en compte, dans l’accompagnement des publics et   l’exécution des missions,
      • les projets ou/et démarches pouvant faire référence sur un territoire.
    • les questionnements sur
      • les enjeux,
      • les problématiques,
      • les potentiels du numérique,
      • la capacité à accompagner les usages,
      • la réalité des usages des publics

C’est une phase ou il importe également d’interpeller la population. Les habitants expriment de façon différente souvent les mêmes préoccupations que les acteurs locaux et viennent confirmer et enrichir les débats. Leurs paroles permettent également de recueillir des expressions souvent plus illustratives, nécessaire à la prise en compte des besoins.

Repérer les moyens et dispositifs mobilisables :

Si le développement de projets territoriaux est affaire de mobilisation et de mutualisation de compétences, il convient également de doter l’accompagnement de l’e-inclusion de moyens spécifiques. Le premier travail est également de repérer tous les projets susceptibles d’apporter une expertise, une plus-value à la conception de la stratégie territoriale dans un premier temps, mais également à la mise en œuvre :

  • Centre ressources sur les usages du numérique comme Zoomacom dans la Loire
  • Réseau d’acteurs numérique thématique, (logiciels libres, économie circulaire, …)
  • Projet « innovant » porteur d’une expertise (au sens de l’expérience acquise). Coopaxis, O2Zone, Fabalab de Toulouse…

Dans le même temps un premier état de lieux des moyens financiers est nécessaire, notamment parce que cela aide à la mobilisation des acteurs en montrant les moyens mobilisable:

  • budget de droits communs ,
  • fonds européens , (ITI, FEDER, … )
  •  recherche de fondations et appel à projets susceptibles de soutenir des actions , (Fondations AFNIC, SNCF, ORANGE, … )
  • des dispositifs spécifiques comme le Chèque APTIC de la Mednum
Engager une dynamique collective

La mise en œuvre d’une politique territoriale passe par la sensibilisation et la mobilisation des acteurs du développement social. L’état des lieux et le diagnostic participatif doit permettre de :

  • partager et d’enrichir les conclusions d’un état des lieux ,
  • alimenter la réflexion par des apports d’expertises et d’expériences ,
  • définir des objectifs à long, moyen et court termes,
  • pointer les axes prioritaires d’intervention (accompagnement à e-administration, … )
  • organiser la réflexion, l’échange d’idées et l’émergence de partenariats et de projets.

Pour ce faire il est possible par exemple d’inviter lors de la phase d’état de lieux des volontaires à constituer un groupe de travail en charge d’élaborer un projet de stratégie territoriale à partir

  • des éléments recueillis
  • d’une veille partager qui peut venir enrichir les travaux.

On veillera à ce que ce groupe soit constituer de façon à ce faire croiser des mondes qui se côtoient pas ou peu et dont pourtant la mise en réseaux est indispensable à la mise en œuvre de projets contribuant à la mise en œuvre de la stratégie territoriale (acteurs du numérique, acteurs du développement social, éducatif, culturel, acteurs de l’économie, association d’habitants, …. )

Découvrir, expérimenter, se former

La phase d’état des lieux et de diagnostic éveil bien souvent la curiosité, l’envie de mieux connaître se qu’il est possible de faire avec les outils numériques. Il devient opportun alors de

  • prendre des initiatives qui permettent aux personnes engagées dans la conception de la stratégie territoriale de découvrir les possibilités offertes par les outils numérique : présentation de logiciels, d’interfaces web, de matériel.
  • Favoriser l’émergence d’expérimentation, en permettant à des acteurs qui se sont engagés dans la réflexion d’initier des projets susceptibles d’alimenter, d’enrichir les travaux autour de la définition de la stratégie locale
  • Organiser des formations sur les enjeux des thématiques émergentes et aux outils de co-production qui permettent de contribuer à distance

Ces initiatives permettent par la pratique de renforcer

  • l’émergence de projets
  • enrichir les travaux
  • le notion de réseaux d’acteurs
Définir un plan d’action illustratif d’une stratégie territoriale

Une stratégie territoriale fixe à partir d’un diagnostic :

  • les objectifs à atteindre, si possible en illustrant par des projets,
  • la gouvernance et les outils de la gouvernance,
  • les moyens à mobiliser.

Il est important que cette stratégie s’illustre dans un plan d’action qui en fonction des réalités du territoire peut être annuel ou pluri-annuel.

Cela permet de

  • mettre les différents acteurs, auteurs dans l’action et donc dans la concrétisation,
  • mobiliser au-delà du cercle qui se constitue autour de l’élaboration ,
  • rendre crédible la démarcha auprès des décideurs,
  • mettre en œuvre la gouvernance,
  • évaluer les hypothèses par la mise en œuvre.
Définir la gouvernance …

La réussite de la conception et la mise en œuvre d’une politique territoriale passent par la mise en place d’une gouvernance afin  :

  • de s’assurer la coordination et l’animation d’un plan d’action ,
  • d’organiser la veille et la recherche documentaire ,
  • d’animer l’évaluation du plan, évaluation qui doit contribuer à la permanence de la mobilisation des acteurs du territoire,
  • de s’assurer de l’appui et de la présence, dans les différents réseaux d’acteurs, de l’internet accompagné (la CORAIA pour Rhône-Alpes et les réseaux départementaux lorsqu’ils existent) ,
  • de solliciter et de mobiliser les expertises internes et externes au territoire ,
  • d’organiser la formation et la mise à niveau permanente des différents partenaires.

… et ses outils

Les outils permettent à la gouvernance d’être efficace et doivent être imaginer dès la conception de la stratégie. On peut repérer :

  • la coordination
  • un plan d’action et un échéancier,
  • les moyens d’échange, d’information et de coproduction, …
Formaliser les engagements

La formalisation est un acte important. Quelle soit sous forme charte, contrat territorial, … elle permet à l’ensemble des acteurs à formaliser leur engagement. Elle rends crédible vis à vis des acteurs qu’ils font continuer à mobiliser autour d’une dynamique territoriale. Elle doit également être l’occasion de mettre en valeur le territoire.

Les conditions premières de la réussite d’une stratégie territoriale:
  • La formation

Le rythme de nouvelles innovations technologiques et sociales du numérique est soutenu. Certes, on ne peut demander aux acteurs du développement social de devenir des spécialistes des usages du numérique, mais il est nécessaire qu’ils puissent bénéficier d’une formation leur permettant  :

    • de maîtriser les enjeux sociaux du numérique,
    •  d’exercer, grâce à un socle minimum de connaissances, leur citoyenneté numérique (identité numérique, approche de l’e-administration, maîtrise des logiciels de base , …. )
    • d’intégrer les usages du numérique dans leur organisation du travail : veille documentaire, contribution et partage des expériences,….
  • L’impulsion politique et la coordination technique

Les territoires qui ont réussi une mise en œuvre des politiques de développement des usages du numérique ont réuni tout ou partie des conditions suivantes, la première étant essentielle :

    • engagement des décideurs politiques,
    • engagement des équipes CUCS et prise en compte de la dimension numérique dans les différentes programmations ,
    •  mutualisation et  mobilisation des expertises locales ,
    • mobilisation de financements (droits communs, fonds européens, appel à projet des fondations, … )
En conclusion :

L’excellence ne doit être refusée à personne. Pour atteindre ce but il convient de créer et organiser les synergies sur un même territoire et les collectivités territoriale ont un rôle majeur à jouer afin de permettre à tous les habitants de leur territoire d’accéder à la citoyen à l’ère du numérique.
Même s’il est important d’y apporter une attention particulière, les quartiers de la politique de la ville ne sont qu’un des éléments territoriaux des stratégies territoriale. Cela doit être pour eux l’occasion d’utiliser les usages des numériques, comme un des facteurs de désenclavement et d’intégration dans le droit commun.
Parce que le numérique est transversale à toutes les dimensions de l’organisation sociale, la question d’une stratégie territoriale pose le nécessaire croisement des mondes économique, développement éducatif sociale et culturel, acteurs du digitale, pour imaginer et organiser la vie de la cité.

Jacques HOUDREMONT